Ostdunkerque possède l'une des plus grandes plages de la côte belge. C'est marée basse et la charrette du pêcheur à cheval Stefaan est à fleur d'eau. Stefaan pêche dans le chenal derrière le banc de sable. Et voilà qu'il arrive, suivi d'une volée de mouettes excitées. Son cheval remonte le filet rempli sur la plage.
Avec un groupe de visiteurs, nous suivons les activités de Stefaan. « Attention ! », prévient-il. Les prises accessoires atterrissent sur le sable. Les crabes s'enfuient, les vives venimeuses halètent. À l'exception d'un joli bar, la crevette grise est en mauvaise compagnie. « Il faut retirer rapidement les crabes, explique Stefaan. Agressifs comme ils sont, ils déchiquètent les crevettes. C'est pourquoi nous effectuons le premier triage sur la plage. »
Stefaan s'enfonce à nouveau dans la mer. Son cheval tire un filet en forme d'entonnoir de 7 mètres sur 10, maintenu ouvert par deux planches en bois. La chaîne qui traîne sur le sable fait sauter les crevettes et les fait atterrir dans le filet.
La plage d'Ostdunkerque n'a pas de brise-lames et descend lentement. Cela permet à Stefaan de pêcher loin en mer : « Les crevettes sont pêchées dans la kelle, le chenal situé derrière un banc de sable. Je pêche de deux heures avant à une heure et demie après la marée basse. Par mer calme, je vais jusqu'à l'arrière du troisième banc de sable. Il ne faut pas aller trop profond, sinon mon cheval ne peut plus avancer. »
La deuxième prise triée, Stefaan attache son cheval de trait devant sa charrette et y charge ses filets et ses paniers remplis de crevettes. Nous traversons les dunes pour rejoindre sa ferme. « La pêche sur la plage était un revenu complémentaire pour les agriculteurs pauvres, explique Stefaan. Ils allaient dans l'eau à pied ou à dos de mulets. Ils n'avaient pas les moyens de s'offrir des chevaux. Avec la modernisation de l'agriculture dans les années 1950, les chevaux de trait ont perdu de leur valeur. Nous avons ainsi pu leur offrir un nouveau travail à la mer. »
Près de sa ferme, Stefaan a érigé une chapelle pour la pêche à cheval. Saint Idesbald, le patron des pêcheurs et des agriculteurs, y partage la niche avec un pêcheur à cheval en céramique de Torhout.
Stefaan met son groupe de visiteurs à contribution pour le deuxième triage. Nous éliminons les petits poissons, les méduses et les crabes jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des crevettes. « Nous cuisons 100 % de crevettes, dit-il. Les prises accessoires pourraient altérer le goût. » Les petits poissons finissent dans le bec des canards de Stefaan.
Stefaan est pêcheur à cheval depuis 1998. Dans sa ferme, il reconstitue la pêche à cheval telle qu'elle se pratiquait autrefois. « Les agriculteurs faisaient cuire leurs crevettes sur un feu de bois. Ils utilisaient une grande marmite dans laquelle ils ajoutaient également les restes de pommes de terre pour les cochons. »
C'est dans cette marmite rustique que les crevettes cuisent. Stefaan maintient la température de l'eau, qui a la même teneur en sel que la mer du Nord, juste en dessous du point d'ébullition. Les crevettes refroidissent un moment, avant de pouvoir être dégustées tièdes et croustillantes. Les canards cancanent, le paon déploie sa queue, les chevaux de trait paissent dans le pré. « Ils vivent quelques années de plus qu'à l'intérieur des terres », explique Stefaan. Sans doute parce que les animaux sont comme les humains... L'air marin est bénéfique pour tous !
Consultez le calendrier de Ostdunkerque ici sur notre site web! Les démonstrations de pêche à la crevette et les pêches pour enfants y sont aussi régulièrement au programme.