A faire

Une journée au bord de la mer à Knokke-Heist


À Knokke-Heist, une journée art et culture avec Anne du blog Plus au nord

Hello ! Je m’appelle Anne, je suis française, je vis à Lille et, fin 2017, j’ai créé Plus au nord, un blog un peu… spécial. En effet, si la plupart des blogueurs vendent du rêve avec des destinations lointaines, moi j’ai décidé de voyager à ma porte et de partager mes coups de cœur dans les Hauts-de-France et en Belgique. Sans attendre le Covid-19 et la mode du tourisme de proximité…  Championne du saute-mouton par-dessus la frontière, je viens toujours avec un très grand plaisir sur la côte belge. L’autre jour, j’ai passé la journée à Knokke-Heist, où j’ai découvert que l’été était placé sous le signe de l’humour et de l’art…
 

For Freedom MuseumCafé des NationsCartoon FestivalArt Knokke-Heist


 

For Freedom Museum à Ramskapelle, ah la jolie rencontre !

Si j’ai lancé mon blog, c’est avant tout pour me balader, faire des découvertes et les partager avec mes followers. Mais c’est aussi pour faire de belles rencontres et écouter des inconnus raconter des petits bouts de leur vie… C’est exactement ce qui s’est passé au For Freedom Museum, à Ramskapelle, où j’ai rencontré Freddy et Danny Jones, deux charmants messieurs avec lesquels le courant est tout de suite passé !



Ces deux frères ont fait un truc que j’adore. Ils sont allés au bout de leur rêve en créant, en 2009, le For Freedom Museum, dans l’ancienne école communale de Ramskapelle. Fils de Dennis Jones, un vétéran britannique de la bataille de Normandie, qui a épousé une fille de Knokke en 1947, ils ont baigné toute leur jeunesse dans l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. D’où leur rêve de créer ce musée, pour raconter la noire période 1940/1944 dans leur région et surtout la sanglante opération Switchback, du 6 octobre au 3 novembre 1944.



Comme vous le devinez peut-être, je ne suis pas une grande spécialiste de ce Second Conflit mondial. Pourtant, j’ai beaucoup apprécié la grosse heure passée au For Freedom Museum ! D’abord pour l’esprit de ce musée, clairement affiché dans son nom. Ici, pas question de cultiver l’esprit de revanche. Freddy et Danny Jones veulent juste être des passeurs de mémoire pour les jeunes générations, souhaitant éviter que de tels événements se reproduisent.



Paix et tolérance sont les maîtres-mots du For Freedom Museum. Et ce n’est pas un hasard si le musée reçoit chaque année environ 1500 Allemands. « Ils apprécient qu’on ne fasse pas des combattants allemands des monstres », souligne Freddy. Le musée leur a consacré une salle, où résonnent des marches militaires allemandes en fond sonore.  « Les paroles de ces marches ? Juste des histoires de bière, de filles et de pieds qui font mal », résume Danny.



Mais l’esprit de tolérance qui règne au For Freedom Museum n’empêche pas un peu d’humour ! Sûr que vous vous trouverez nez à nez avec ce soldat allemand, assis sur les toilettes, entrain de lire un journal du 9 juin 1944. « Il lit que les Alliés ont débarqué en Normandie et cela lui donne mal au ventre… », rigole Freddy. Aucun musée du monde n’a ce genre de scène pour sûr !



Sinon, j’ai aussi beaucoup aimé le perfectionnisme de Freddy, en charge des mannequins. Pour coller parfaitement aux années 30 et 40, il achète sur internet des têtes en cire, venant souvent d’anciens magasins de mode parisiens. Et comme ces têtes sont en général abîmées, il n’hésite pas à jouer les chirurgiens-esthétiques, refaisant les nez et les oreilles avec de la cire liquide. On se croirait presque au musée Grévin !



Au total, il y a ainsi 120 mannequins, vêtus d’uniformes des forces anglaises, canadiennes, belges, polonaises et allemandes. Freddy Jones a noué de vrais liens d’amitié avec d’anciens combattants canadiens et beaucoup de familles ont offert l’uniforme de leur père ou leur mari au musée. Et ce n’est pas fini puisque chaque jour ou presque, de nouveaux objets, photos ou lettres sont offerts par des gens souhaitant enrichir la collection.



Au For Freedom Museum, il y a donc des uniformes, des véhicules et des pièces de collection de la Bahaat, l’association belge de l’histoire de l’aviation. Mais ce que j’ai préféré, ce sont les dioramas. Comme cette scène de la libération, le 1er novembre 1944, de l’hôtel St Moriz, avenue Lippens, à Knokke. Les décors ont été reconstitués avec un soin infini et on est véritablement témoin des scènes évoquées.



Alors, vous l’avez bien compris, je vous conseille la visite du musée For Freedom. Mais aux raisons que je viens de donner, j’en ajouterais une autre : la découverte de Ramskapelle. Ce village au cœur des polders (rien que le mot « polder » fait déjà rêver la petite Française que je suis !) est un vrai petit bijou, avec son moulin, ses coquettes maisons et son clocher qui joue « L’Hymne à la Joie » de Beethoven en guise de ritournelle. Le tout en pleine campagne évidemment.


 

En pratique

Ramskapellestraat 91-93, 8301 Ramskapelle
+32 50 68 71 30
De Pâques à mi-novembre, ouvert tous les jours, de 10 h à 17 h.
Le reste de l’année, ouvert les week-ends et pendant les vacances scolaires.
www.forfreedommuseum.be

Sur place, café et boutique.
Audio-guide en quatre langues, dont le français.
L’exposition « Héros de la mer du Nord » est prolongée jusqu’au 3 janvier 2021.

 

Café des Nations, la pause bienvenue et pratique

Après une matinée historique, une petite pause s’imposait. Venant de Ramskapelle, je me suis arrêtée à l’entrée de Knokke, au Café des Nations. Que vous veniez en train, en tram ou en voiture, impossible de faire plus pratique ! L’établissement se trouve juste en face de la petite gare ferroviaire, à deux pas de la station de tram Delijn et dans une zone où on peut espérer trouver un stationnement (surtout en direction de Knokkestraat). Pourtant, la célèbre avenue Lippens commence tout à proximité

En cette journée bien ensoleillée, j’ai apprécié de me poser sur la grande terrasse, entièrement rénovée il y a deux ans. La déco est chouette mais simple, Laura, Kevin et Maxim voulant conserver un esprit « café brun » où chacun est le bienvenu…

Sur l’ardoise, des pizzas, lasagnes, spaghetti bolognaise, divers croques et autres petits snacks. Et, bien sûr, tout un choix de bières, trappistes ou pas, plaisir d’une virée en Belgique…
 

En pratique
Maurice Lippensplein 23, 8300 Knokke-Heist
+32 50 73 17 83




 

Cartoon Festival : jusqu’à fin août, sourire garanti (et gratuit) !

Je connaissais ce festival depuis des années, sans jamais avoir eu l’occasion d’y venir. Ma journée à Knokke m’a donc permis de découvrir cet événement entièrement dévolu à l’humour, qui prend une forme inédite cette année. Virus oblige, le Cartoon Festival s’est en effet transformé en expo de plein air, entre une quinzaine de sites, dont quatre principaux.



Une nouvelle formule qui permet du même coup de faire une balade dans la station, à vélo ou à pied, en étant plus raisonnable sur les distances dans ce cas-là (car Knokke-Heist couvre un territoire immense, non ?). On part d’où on veut, on choisit ses étapes selon ses envies et sa forme…



Avant d’entamer votre balade, le mieux est donc de vous procurer le plan de l’événement. Il est disponible à l’office de tourisme (Zeedijk 660 à Knokke) ou dans une rigolote caravane, qui stationne dans le jardin du Centre culturel Scharpoord.

Thème de cette édition 2020 ? « Tous ensemble ». En cette année de crise sanitaire, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire un dessin… Ne tente-t-on pas, tous ensemble, de tirer le meilleur parti de ce drôle d’été ?



Bon, alors, le Cartoon Festival, c’est quoi exactement ?  C’est d’abord une série de panneaux humoristiques, imaginés par des dessinateurs belges, auxquels les promeneurs sont invités à apporter la touche finale. Mais si, vous savez, ces panneaux dans lesquels on passe la tête pour faire partie de l’œuvre !



Petits et grands se prêtent au jeu le temps d’une photo. Et je n’ai pas été la dernière à entrer dans le corps de cet immense robot, qui propose un « free hug ».



Le Cartoon Festival, c’est aussi le Grand Prix Knokke-Heist Gouden Hoed (Chapeau d’or), ouvert à tous les dessinateurs amateurs, qui pratiquent l’art du dessin humoristique. Mais quand on dit amateurs, ne croyez pas qu’il s’agisse de gribouilleurs du dimanche… Non, il s’agit de vrais petits chefs-d’œuvre, joliment réalisés et pleins d’humour.

Et si le Chapeau d’or couronne le grand gagnant, il y a aussi un Chapeau d’argent et un Chapeau de bronze, que voici…



Enfin, le Cartoon Festival c’est également un concours de dessins de presse, publiés ces derniers mois dans divers journaux belges. Et là, il y a du beau monde, du talent et du niveau ! Journaliste depuis plus de 30 ans, outre mon blog, j’adore cet exercice du dessin de presse, qui en dit plus long que le plus long des articles. Tout en faisant rire ou sourire, vrai petit luxe en cette année 2020 !



Évidemment, chacun a son humour et ses caricatures préférées, selon sa langue notamment. J’avoue que, personnellement, j’ai éclaté de rire devant celle de Philippe, roi des Belges, soufflant ses 60 bougies en pleine crise du Covid-19… Mon irrévérence de petite Française vivant dans une République sans doute !



Mais le dessin de presse, c’est aussi un exercice très sérieux qui, derrière un humour de façade, évoque des sujets sérieux et parfois graves. L’égalité hommes-femmes, les conditions de vie en prison, les dangers de Facebook, les tensions politiques en Belgique, les menaces qui pèsent sur l’environnement et bien sûr le Covid-19, sujet principal de l’année !



Un dernier truc au sujet du Cartoon Festival : la plupart des spots sont installés à proximité d’une plaine de jeux. Ainsi, pendant que vous savourerez l’humour fin et décapant des dessinateurs de cette édition 2020, vos enfants peuvent passer un bon moment tout à côté. Je vous l’avais dit, le Cartoon Festival, c’est tous ensemble, en famille aussi !



 

En pratique

Où trouver les 230 dessins et caricatures ?
Dans le jardin du Centre culturel Scharpoord, Maxim Willemspad, 8300 Knokke-Heist
Au Sincfala Museum, Pannenstraat 140, 8300 Knokke-Heist
Au Zwin, Graaf Leon Lippensdreef 8, 8300 Knokke-Heist
Au For Freedom Museum, Ramskapellestraat 91-93, 8301 Ramskapelle

L’exposition est gratuite
En place jusqu’à fin août
Tout sur www.cartoonfestival.be

 

Dans plus de 50 galeries, Art Knokke-Heist, du plaisir qui dure…

Vous le savez, Knokke-Heist est un vrai paradis pour les amateurs d’art. Depuis des années, sculptures et œuvres monumentales investissent l’espace public, jetant une note de beauté et de gaieté partout en ville.

Un petit guide, intitulé « Knokke-Heist Envie d’art », recense pas moins de 25 œuvres parmi les plus emblématiques. Dès l’entrée de la station, sur Maurice Lippensplein, on découvre ainsi Beach Castle, un superbe château non pas de cartes mais de cabines de plage (Jean-François Fourtou, festival Beaufort 2018). Franchement, j’adore !



Même le poste de secours, sur la plage, est une œuvre d’art. Il est sorti de l’imagination du cabinet d’architecture gantois Compagnie - 0, en collaboration avec l’architecte et plasticien néerlandais John Körmeling. C’est jaune, c’est lumineux et c’est joyeux ! Et j’aime bien l’idée de rendre le beau utile… ou le contraire !



Je sais que ce n’est pas original mais mon œuvre préférée reste « La mer, ce grand sculpteur » de Folon. La sculpture, changée de place récemment, se trouve à présent sur le brise-lame dans le prolongement de Paul Parmentierlaan. Je trouve ce petit bonhomme, assis face à la mer, follement poétique


 

Mais l’art ne s’expose pas qu’au grand air.  Il prend également ses quartiers dans plus de 80 galeries, dont une cinquantaine ont participé au week-end ART Knokke-Heist, les 8 et 9 août.

Dès la première matinée, je me suis mêlée aux amateurs d’art, acheteurs ou simples amoureux, qui ne ratent sous aucun prétexte Art Knokke-Heist.



À l’occasion de cette 28e édition, trois artistes ont notamment été mis à l’honneur. Il s’agit du designer italien Ettore Sottsass (disparu en 2007), dont une bibliothèque joyeuse et colorée est présentée à la galerie Gokelaere & Robinson, Golvenstraat 6. Un meuble totem, œuvre de ce designer avant-gardiste, qui a entre autres collaboré avec Olivettti et Alessi.



Autre artiste mis à l’honneur, le Britannique Simon Gudgeon, exposé chez Early Birds, Dumortierlaan 38. Francis Dedrie n’est pas peu fier de présenter ce nom de la sculpture d’Outre-Manche, qui figure dans de nombreuses collections privées… dont celle du prince Charles et du prince William !



J’ai discuté un bon moment avec le jeune galeriste, qui espère accueillir prochainement l’artiste à Knokke. En attendant, il a visité son parc de sculptures monumentales de Dorset’s, où œuvres et paysage dialoguent et se répondent. Et, même s’il s’agit d’une version réduite comparée à l’œuvre monumentale, Francis Dedrie est ravi de proposer un exemplaire de Search for Enlightenment dans la vitrine de sa galerie.



À côté de cette œuvre emblématique, plusieurs autres bronzes signés S. Gudgeon ont retenu mon attention. Parmi lesquels ces ballerines, qui symbolisent bien sa représentation du mouvement. « Ce que j’aime chez l’artiste, c’est sa façon d’enlever un maximum de détails pour ne conserver que l’idée même du mouvement », souligne Francis Dedrie. Carrément d’accord avec lui !



Troisième artiste mis en avant par Art Knokke : le sculpteur belge William Roobrouck, exposé depuis peu par le Centre d’art Horus, sur la Zeedijk. Trônant devant la galerie, deux sculptures monumentales en acier Corten Indaten : Yoni, ode à la femme, et Proud, une poétique demi-lune à profil féminin.



Cette dernière, en version monumentale (9 mètres et 3,5 tonnes quand même !), a été acquise récemment par Knokke et installée sur le rond-point de l’A11, à Ramskapelle (voir ci-dessous).

La station devient, chaque année un peu plus, une galerie d’art à ciel ouvert…
 

En pratique

La liste des galeries participantes est à retrouver dans le livret Art Knokke-Heist n° 28, disponible à Toerisme Knokke-Heist, Zeedijk 660
Également sur www.artknokke-heist.be
Les œuvres présentées resteront visibles pendant tout l’été et les semaines suivantes.

 

En raison de la crise de la corona, les heures d'ouverture et les horaires peuvent varier. En cas de doute, il est préférable de contacter l'entrepreneur lui-même.
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